Isabelle Fruleux et Patrick Chamoiseau - Photo  Fabien Perry-Experrymental


Les dernières créations de la Compagnie Loufried

Frères Migrants 

de Patrick Chamoiseau

Les Indes

d'Edouard Glissant


FRÈRES MIGRANTS

de Patrick Chamoiseau

Direction musicale  Felipe Cabrera

Voix : Isabelle Fruleux.

Contrebasse et compositions: Felipe Cabrera.

Harmonica chromatique: Laurent Maur.

Conception sonore: Claude Valentin


«Ni orpheline, ni sans effets,

Aucune douleur n’a de frontières! »


« La poésie n’est au service de rien, rien n’est à son service. Elle ne donne pas d’ordre et elle n’en reçoit pas. Elle ne résiste pas, elle existe — c’est ainsi qu’elle s’oppose, ou mieux : qu’elle s’appose et signale tout ce qui est contraire à la dignité, à la décence. »

Patrick Chamoiseau

« L’Irak, la Syrie, l’Érythrée, l’Afghanistan, le Soudan, la Libye… sont des artères ouvertes. Giclées d’un violet fixe moiré d’un fond de forge. Ce qui saigne, ces houles vives qui s’épanchent, je parlede gens, je parle de personnes, saigne de nous, saigne vers nous, parmi nous, saigne pour tous. » Extrait de Frères migrants


De Quand les murs tombent à L’intraitable beauté du monde, tous deux écrits avec Edouard Glissant, ou encore avec le Manifeste pour les «produits» de hautes nécessité, ouvrage collectif écrit lui aussi avec Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau élève sa voix contre le libéralisme économique et l’atteinte aux libertés humaines. J’ai lu Frères migrants peu de temps après ma création orchestrale sur Les Indes d’Edouard Glissant, un poème magistral où l’auteur depuis l’Histoire de l’esclavage dans le contexte du commerce transatlantique, porte notre attention sur les différentes formes d’asservissements que l’humain fait subir à ses semblables et à son environnement. Cette attention est cruciale, je souscris aux actions qui la rappellent car comme le dit Chamoiseau dans Frères migrants : « La Traite a prospéré à un niveau de conscience nourri par les Lumières… ».

Cette mise en voix et en musique de Frères migrants est une rencontre de différents courants musicaux et culturels. Avec sa double formation, classique européenne et jazz, et sa connaissance des musiques caribéennes, Felipe Cabrera a signé une composition exigeante où la densité n’est jamais hermétique. Groove, profondément…

La déclaration des poètes sur laquelle nous finissons a la dimension incantatoire de «I have a dream». Comme ce monument humaniste si puissamment oralisé par Martin Luther King, Frères migrants est à la fois un prêche embrasant, un chant, un appel poétique et un discours aux envolées lyriques.

Isabelle Fruleux

Isabelle Fruleux - Photo  Fabien Perry-Experrymental

 
 
 
 

Patrick Chamoiseau

Auteur majeur de littérature en langue française, Patrick Chamoiseau est né en 1953 à Fort-de-France en Martinique. Prix Goncourt pour Texaco (en 1992), il est l’auteur de récits intimes (Une enfance créole, en trois volumes), de romans (Chronique des sept misères, Solibo Magnifique, Biblique des derniers gestes,...), d’essais (Éloge de la créolité, Lettres créoles, Écrire en pays dominé,...), de pièces de théâtre, de poèmes et de scénarios. Il vit au Lamentin.

Isabelle Fruleux

Sa première expérience musicale Dans le regard de Lou, notamment programmée au Centre Pompidou, est suivie par Le frémissement du monde, créée au Festival Culturel de Fort de France et programmée au Quai Branly puis en tournée (France, Guyane, Egypte…). Après un duo sur la poésie d’Aimé Césaire, Radiolaires, avec le pianiste jazz Alain Jean-Marie, et une mise en scène orchestrale du poème d’Edouard Glissant Les Indes, créée au théâtre Antoine Vitez d’Ivry, Isabelle Fruleux poursuit son travail singulier avec une adaptation musicale de Frères migrants, d’après le livre de Patrick Chamoiseau.

Prix d’interprétation pour son rôle principal dans Pour la nuit, d’I. Boni-Claverie, fiction courte récompensée (Locarno, Amiens, African New York Film…), elle tourne et intervient régulièrement pour des colloques internationaux, sous forme de lectures performées (Unesco, BNF, Institut Français de Londres…)  

Felipe Cabrera 

aux compositions et à la contrebasse. Le virtuose trois fois nominé aux Grammy Awards a commencé sa carrière musicale comme premier basson pour l’Orchestre Symphonique National de Cuba, avant de se vouer au jazz comme bassiste sur les scènes internationales. Gonzalo Rubalcaba (huit albums en commun), Herbie Hancock, Omara Portuondo, Dizzie Gillespie, Eddie Palmiéri, Roberto Fonseca… Musiques de tradition cubaine, classique européenne et américaine… la liste de ses collaborations avec les artistes les plus reconnus est longue et ne saurait définir la magnifique profondeur ni l’étendue stylistique de son jeu. Le jazz enrichi de ce brillant parcours en témoigne dans son dernier opus, Night Poems.

Laurent Maur 

à l’harmonica chromatique est l’un de ses représentant les plus accomplis, alliant une technique instrumentale rarement atteinte à un son puissant et expressif. Lauréat du concours international de Trossingen (Allemagne), Laurent Maur a été encouragé dès ses début par Toots Thielemans. Il intègre le centre des musiques de Didier Lockwood (CMDL) à Paris, signe l’album Mano a mano avec le trio de Francis Lockwood et se lance dans une carrière internationale atypique, qui le mène notamment à diriger des projets musicaux en Chine et en Corée, et à partager la scène avec les plus grands artistes en Asie.

Frères migrants , dans sa conception musicale, a notamment été programmé au Théâtre Antoine Vitez d’Ivry, aux Rencontres Orient Occident (Suisse), au Marathon des mots (Toulouse), au festival Voix Vives en Méditerranée (Sète), au festival Traces (Saint-Etienne), au festival de Mouans-Sartoux, pour la 71e édition du Festival d’Avignon (In)…

Programmation 2019 : 

Le 23 février à l’auditorium de la Médiathèque François Mitterand de Poitiers

Programmation 2018 : 

Le 6 décembre au Café Music à Mont-de-Marsan

Le 1er décembre à l'Espace Malraux de Joué-les-Tours

Le 11 novembre au MUCEM à Marseille

Le 21 octobre à l'Opéra de Limoges

Le 8 juin en Guadeloupe pour le Prix des Marins Pêcheurs

Le 11 mai à Nantes

Les 21 mars  à Marseille, Vieille Charité

Le 16 mars à Ménerbes dans le cadre du Printemps des Poètes

Cesssion et fiche technique : 

Contacter la compagnie Loufried  cieloufried@gmail.com



LES INDES  d'Edouard Glissant

Mise en scène orchestrale d' Isabelle Fruleux

direction musicale de  Thomas Savy

Nous avons affaire à un récit de dimension baroque dans ses effusions, ses retenues chargées d'implosions et ses déferlements d'émotions suffocantes. Une composition orchestrale suit le poème de ses envolées les plus denses à ses effleurements les plus subtils. Le Jazz, comme expression vive de la créolisation dans son ouverture aux autres formes musicales, son accueil au monde, nous guide au cœur de cette cérémonie païenne.

Vous êtes les bienvenus !


 
 

Suivez également l'actualité de la Compagnie Loufried et d'Isabelle Fruleux sur  http://isabellefruleux.blogspot.fr/

 

Spectacle d’une heure vingt

Une mise en scène d’Isabelle Fruleux 

créée au Théâtre d’Ivry Antoine Vitez

Avec une scénographie d’Anabell Guerrero 

et une création lumière de David Antore

Distribution :

Isabelle Fruleux - voix

Thomas Savy - clarinette basse

Eddie Ladoire - électroacoustique

Felipe Cabrera - contrebasse

Raphaël Imbert - saxophone

Sonny Troupé - percussions

Claude Valentin - son




Les Indes, présentation de la création

Le texte et les compositions 

Depuis ma première création, Les Indes étant ma quatrième, je travaille sur des poèmes que je mets en scène et en musique. Les poèmes que je choisis portent dans leur structure des appuis rythmiques et sonores essentiels à leur transmission orale. Ils m'inspirent ainsi des thèmes musicaux et des ambiances acoustiques, que je soumets au compositeur qui à son tour va écrire une conception instrumentale. Avec Les Indes, ce travail de composition musicale est réalisé par Thomas Savy, compositeur et clarinettiste avec qui je me suis déjà associée pour deux de mes créations précédentes, « Dans le regard de Lou » (notamment programmé au Centre Pompidou), puis « Le frémissement du monde » déjà sur la poésie d'Edouard Glissant (notamment programmé en hommage officiel à l'auteur au Quai Branly). Les Indes est un poème qui est à la fois une épopée dramatique, un appel élégiaque à la conscience humaine et un récit historique. Les pensées abordées sont d'ordre politique, philosophique, éthique et social, puisqu'il s'agit bien là de la poésie visionnaire, exigeante et engagée de Glissant.

L'interprétation orale et musicale

Les Indes est donc puissamment innervé de sens qui nécessitent une grande implication dans sa mise en voix, mais aussi un terrain de jeu qui permet à tous d'entendre ce texte parce que dans sa richesse, il s'adresse au plus grand nombre. Edouard Glissant était un grand amateur de musique et de jazz en particulier. Tous ses textes dépassent le mot par une vibration sous-jacente. Une vibration qui amplifie et élargit l'acte de transmission, c’est dans cette vibration que s’articule cette création musicale. Les Indes est peut-être le dernier poème épique où l'on narre la grande aventure humaine (épique à ceci près que la voix des vaincus est célébrée). Nous avons donc affaire à un récit de dimension baroque dans ses effusions, ses retenues chargées d'implosions et ses déferlements d'émotions suffocantes. Une formation orchestrale est nécessaire pour suivre le poème de ses envolées les plus denses à ses effleurements les plus subtils. Mais le jazz dans son ouverture permanente aux autres formes musicales, et donc culturelles, en est l’esprit et le vecteur. Le jazz depuis sa naissance en terres d’esclavage se compose dans la rencontre. Avec l’altérité comme impulsion créatrice, le jazz ouvre en nous un territoire libre!

Comme je disais plus haut, Les Indes a une valeur historique semée de symboles et, dans mon interprétation orale, je l'adresse comme un conte où amour, intérêt et cruauté sont étroitement liés. Nous partons de la découverte des Amériques par les européens, jusqu'à nos jours. Nous partons d'un enchevêtrement d'élans qui va engendrer le premier système économique de mondialisation, le commerce triangulaire, jusqu'à la violence de nos vies actuelles qui sont principalement considérées comme valeurs économiques. A ce jour, nous sommes tous dépendants de gestions impérialistes mondiales où l'humain est constamment bafoué.

Les musiciens

Les grands artistes qui ont répondu à l’appel de ce poème sont remarquables par l’exigence de leur pratique, la richesse de leur parcours, leur culture musicale et la générosité de leur jeu.

Aux compositions et à la clarinette basse, Thomas Savy a suivi une formation classique au conservatoire de Paris où il obtient un Premier Prix,  puis il y intègre le département « Jazz et musiques improvisées » où il obtient un Premier Prix d’improvisation. Je retrouve avec bonheur ce frère de son qui a déjà composé pour deux de mes créations précédentes. Des musiques européennes, contemporaines et classiques, au jazz , son champs de collaboration est très ouvert. Pour son dernier album innervé de rock et de blues, Archipel Bleu, il est nommé aux Victoires du jazz dans la catégorie Album de l’année.

Felipe Cabrera  est avec nous à la contrebasse. Ce maître (trois nominations aux Grammy Awards!) a commencé sa carrière musicale comme premier basson pour l’Orchestre Symphonique National de Cuba, avant de se vouer au jazz comme bassiste sur les scènes internationales. Gonzalo Rubalcaba (huit albums en commun!), Herbie Hancock, Omara Portuondo, Dizzie Gillespie, Eddie Palmiéri, Roberto Fonseca… Musiques de tradition  cubaine, classique européenne et américaine… la liste de ses collaborations avec les artistes les plus reconnus est longue et ne saurait définir la magnifique profondeur ni l’étendue stylistique de son jeu. Le jazz enrichi de ce brillant parcours en témoigne dans son dernier opus, Night Poems.

Eddie Ladoire a suivi un enseignement  classiques au piano, puis électroacoustique au conservatoire de Bordeaux, avant de développer son art sensible et précis de jouer avec les volumes, les matières et  les vibrations sonores. Mais ce qui caractérise ce musicien éclectique est aussi dans la richesse de sa culture musicale qui se retrouve autant dans le regard qu’il porte à travers ses paysages sonores que dans ses compositions tonales. Ses pièces font l’objet d’expositions  ou diffusions au CNAP, FRAC, France musique ou actuellement à la Kunsthalle et à l’Hotel Inmigrantes de Buenos Aires. Nous avons ma première création en commun, Dans le regard de Lou, et c’est un honneur de le retrouver avec Les Indes.

Sonny Troupé à la batterie et au tambour Ka est un prodige de la percussion. En Gwadeloupe, terre de la tradition musicale du Gwo ka, il intègre son premier groupe professionnel comme soliste au tambour ka à l’âge de six ans et suit des études musicales avec son père, George Troupé qui y fondera plus tard l’école d’enseignement musical Marcel Lollia. A Toulouse, il intègre le conservatoire national, suit simultanément des études de psychologie et obtient à l’école de batterie Agostini le Prix Supérieur avec Harmonie Jazz au piano. Son album avec le Sonny Troupé  Quartet, Voyages et Rêves, ainsi que son duo avec le pianiste Grégory Privat attestent d’une créativité des plus innovantes mêlant modernité et traditions. De multiples univers musicaux le nourrissent, traditions antillaises, classique européen, pop, électro, métal, ainsi que de belles collaborations: Kenny Garrett, Jacques Schwarz-Bart, David Murray, Reggie Washington, Christian Laviso…Poursuivant une programmation internationale, Sonny Troupé est aussi en tournée avec Lisa Simone.

J’ai rencontré Raphaël Imbert à mes débuts sur la scène théâtrale avant de le rejoindre au conservatoire de Marseille à l’occasion de son examen de sortie. Associé au brillant saxophoniste Jean-Jacques Elangué, il y avait formé un big band avec lequel j’ai lu un beau texte de son cru. Un Premier Prix fut décerné aux deux musiciens et j’ai eu l’honneur de collaborer avec Raphaël Imbert sur deux de ses créations à venir. C’est donc un compagnon de route que je retrouve ici. Musicien, compositeur, conférencier, l’artiste prolifique lauréat du Concourt National de Jazz Paris La Défense et de la Villa Médicis hors les murs à New York  pour ses recherches sur le spirituel dans le jazz, est aussi l’auteur du magnifique ouvrage Jazz Suprême. On a pu le suivre tout l’été avec son émission L’heure de Plaire, sur France Musique. S’associant aux musiciens des plus créatifs, du sud des Etats-Unis à la scène parisienne, Il est actuellement en tournée avec son magnifique album, Music Is my Home.

La scénographie 

Lauréate du Prix Glissant 2012 pour la dimension humaniste de l'ensemble de son oeuvre photographique (régulièrement exposée en Europe, Asie et Amérique), j'ai découvert à cette occasion Anabell Guerrero, cette artiste qui nous porte à voir la beauté humaine jusque dans ses désarrois les plus tragiques. J'aurai toujours à l'esprit son reportage photographique sur le camp de Sangatte dans lequel il était impossible d'être aveugle à la beauté, la fragilité et la dignité des êtres. « La liberté est la seule charge qui redresse bien le dos » comme dit si bien Patrick Chamoiseau… Eh bien, avec Les Indes, nous sommes aussi dans la beauté, portés par la symbolique d'Annabell Guerrero dont les panneaux-totems de chaque côté de la scène nous mènent au-delà de la boîte noire. Il y est question du vivant à travers le végétal, la Terre-Mère étant aussi le sujet prégnant du poème. La lumière de David Antore s’y mêle dans un hymne de terre et d'eau évoquant les traversées des peuples. Ocre, rouge et bleu cobalt s'étendent sur sa palette jusqu'aux verts et jaunes, qu'il structure et quadrille, évoquant La jungle, de Wifredo Lam. 

«… Ainsi, je serais comme un cheval de Troie d'où sortiraient des images hallucinantes, capables de surprendre, de troubler les rêves des exploiteurs. » Lam, à propos dudit tableaux.

La vidéo 

Sur l'écran, centré en fond de scène est projetée la réalisation du vidéaste Carl Carniato sur le poème de Patrick Chamoiseau « Lampedusa, ce que nous disent les gouffres ». Pendant quatre minutes, il y est directement question de frontières, de traversées terrestres et maritimes. Cette projection est à la fin de la troisième partie du poème, la Traite. Le lien est dans le poème de Chamoiseau qui nous engage à nous souvenir de nos tragédies historiques pour refuser de nouvelles catégorisations de l'humain, celles dans lesquelles nous nous reconnaissons et les autres, celles dont nous nous dédouanons de toute responsabilité. Une phrase emblématique donne fin à ce poème de Chamoiseau intégré à celui de Glissant, qui était un compagnon de route et reste son maître à penser, « Chant partagé d'une même planète ». Un hymne à la beauté et la solidarité humaine dont nous avons aujourd'hui activement besoin.

Mon intention, en somme, est de toucher au plus intime en étant dans la célébration partagée d'une cérémonie païenne.

Isabelle Fruleux

 

Une production de la Compagnie Loufried en coproduction avec le Théâtre d’Ivry Antoine vitez, l’OARA et le Carré - Les Colonnes

Avec l’aide à la création de la Ville de Bordeaux, du Conseil Général du Val de Marne et de la SPEDIDAM

Résidences de répétitions au Théâtre de Bligny et au Théâtre d’Ivry Antoine Vitez 


Contact Compagnie Loufried:

compagnieloufried@free.fr

cieloufried@gmail.com

num siret 508 677 390 00025 code APE 900 1Z 

num de licence : 2-1024807.

Programmation : 

Le 6 mars 2016 au Théâtre de Bligny

Les 11 et 12 mars 2016 au Théâtre d’Ivry Antoine Vitez

Le 15 octobre 2016 au Rocher de Palmer

Cesssion et fiche technique : 

Contacter la compagnie Loufried